Actualité

Bâtir - no-made 2019

Septembre 2019 Roc Fleuri
 

Bâtir, c’est utiliser de la matière, cette matière est souvent vivante et elle intervient sur l’environnement. L’idée de cette œuvre se rattache au récit de l’Arche de Noé et du livre de l’écrivain anglais Julian Barnes « Une histoire du monde en 10 chapitres ½ ». Dans le premier chapitre de cet ouvrage Noé est confronté à un choix cornélien, accepter une famille de vers à bois.

Sur cette colonne composée de 9 éléments de bois identiques, l’un des éléments sert de support à une plaque en cuivre sur laquelle est gravée la phrase extraite de la dernière phrase du chapitre 1en forme d’épitaphe :

 

« Après tout, ce n’est pas de notre faute si nous sommes des vers à bois »

Chapitre premier et dernier- 9 éléments de bois 190x19x19cm - Plaque laiton 17x17cm

Photo JC Fraicher

La marbrière Sainte Victoire

février/mars 2019

Estampage DV 99 - Papier Washi

La marbrière - Ste Victoire

La marbrière,

Le temps de l’extraction est terminé, la carrière est fermée depuis les années 1930.

Les prélèvements ont été abandonnés et sont disposés dans une mystérieuse composition sur une plateforme aménagée. Les blocs marqués au nom du client, DV, sont numérotés 96, 97, 99. La suite des nombres n’est pas continue, des ruptures. Certains dont le DV 69 sont au pied d’un pierrier à quelques dizaines de mètres en contre-bas de la plateforme, blocs erratiques, d’autres sans doute ailleurs.  Énigme. La présence d’outils, les coins éclateurs bloqués sous la masse de roche, le fil hélicoïdal toujours inséré dans la fente du bloc, attestent de cet abandon précipité comme si la montagne avait voulu retenir cette partie d’elle-même en chassant les intrus.

Estampage DV 96 - Papier Washi - La marbrière - Ste Victoire

Berlin

30 décembre 2018

10 janvier 2019

Une absence incontournable


Cette marche s’est déroulée  en milieu urbain sur des traces empreintes de douleur et d’espoir 30 ans après la chute du mur.


Le mur, omniprésent, même dans son immatérialité.
Le chercher sur un plan, déterminer l’itinéraire pour le repérer. S’y rendre en métro (U), en train (S), alterner le souterrain, la surface, la marche.
Le voir, le toucher, en faire une empreinte, le contourner, s’y adosser lorsqu’il est toujours debout, l’imaginer, le recréer, le traverser lorsqu’il est évoqué.
Son évocation parle de mémoire, de souvenir, sa chute a révélé tous les absents dont les marques, plaques métalliques, stèles, monuments commémoratifs rendent hommage.
Sa matérialité altérée met à jour sa structure armée.
Son détournement a créé un support pour les artistes sur ces deux faces.
Ce vestige à deux faces peut se trouver à certains endroits du parcours plaqué au sol tel une ligne double à suivre.
Cette alternance donne le rythme à l’itinéraire, le structure.
Le projet nécessitait de passer, de traverser, de longer cette ligne invisible mais omniprésente sans contrainte, sans contrôle avec une sorte d’insouciance consciente.
Les images du film de Wim Wenders « les Ailes du Désir » ont accompagné cette itinérance. Aujourd’hui il n’est plus nécessaire d’être un ange à Berlin pour franchir le mur.

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Être sous le poids gris du ciel, se faufiler entre deux gris, ciel et  macadam, souvent  sous la pluie froide en ce mois de janvier. La couleur,  peinte sur les façades, les murs, le mur, graffitis du sol au plafond. Attraper le jaune des wagons du métro pour ferrailler entre les stations et sortir à la lumière naturelle, photographie d’hiver. Marcher pour créer de la couleur, des carrés de couleur, plus tard sur la toile.

Estampage rive Est de la Spree - Photo Mary Joly

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